31 janvier 2013

LA BOULIMIE, UN MAL SOUVENT TRES DISCRET

La boulimie s ‘exprime souvent sur le même terreau que l’anorexie, bien qu’elle apparaisse
généralement plus tard que l'anorexie mentale, souvent à la suite d’un régime qui peut être compris a posteriori comme un épisode anorexique.

Elle touche des jeunes filles post pubères, anxieuses, perfectionnistes, souvent très insatisfaites d’elles-mêmes, et ayant des préoccupations excessives par rapport à leur idéal de minceur. La jeune fille boulimique met beaucoup d’énergie à cacher son trouble, et semble psychologiquement et socialement, plutôt bien adaptée. En réalité, elle doute souvent atrocement d’elle, craint le rejet et passe son temps à essayer de plaire aux autres. Bien souvent, l’entourage ne perçoit pas l’immense malaise et l’immense détresse, dans lesquelles ces personnes se trouvent.
Pour la personne boulimique, la nourriture est une véritable obsession. Elle va passer ses journées à se demander ce qu’elle va manger et quand, comment le cacher à son entourage et comment se débarrasser de ce qui a été absorbé.

La boulimie est caractérisée par la répétition de crises de gavage (entre 2 et quelques dizaines par semaine), assez classiques d'un boulimique à l'autre. Elles sont souvent déclenchées par une contrariété, une sensation de tension interne, de vide, qui crée de l’anxiété. La personne boulimique « sent monter la crise ». Elle lutte contre le passage à l’acte, ce qui augmente son anxiété.
Lorsqu’elle est seule, à l’abri de tout regard extérieur, elle cède avec l'impression de ne plus contrôler ses gestes, de devenir spectateur de ce corps qui ingurgite rapidement et brutalement des quantités très importantes de nourriture.
Elle consomme généralement ce qu'elle trouve, le plus souvent des aliments faciles d’accès, parfois non cuisinés, voire non consommables (comme des épluchures).
Le but est de se remplir et non de satisfaire un plaisir gustatif (contrairement à un épisode de fringale ou de compulsion alimentaire, dont le but est de satisfaire un goût salé ou sucré, suivi d'un sentiment d'apaisement et réconfortant).
Cela se passe le plus souvent en dehors des repas, à la fin de la journée. Après ce raz de marée, la personne se sent abattue, éprouve des remords. Un profond sentiment de dégoût d’elle-même apparaît. Dans la moitié des cas, elle se fait vomir, ce qui peut l'amener à une deuxième crise.
Il n’y a pas de lien entre la boulimie et l’obésité parce que bien souvent, hors des crises, les jeunes filles font tout pour ne pas prendre de poids (diètes draconiennes, hyperactivité physique, diurétiques, laxatifs, vomissements provoqués, ...)
Malheureusement, ces comportements compensatoires augmentent la fréquence d'apparition des crises boulimiques.

Que peuvent remarquer les parents ?

Le problème de la boulimie, c’est que contrairement à l’anorexie, elle se voit moins à l’oeil nu. La jeune fille, bien souvent conserve un poids normal. Elle passe pour une jeune fille sans problème. Or, le danger est bien là.

Les proches seront alertés par :
• Une préoccupation excessive par rapport au corps. Cela concerne souvent les filles mais peut aussi se repérer chez des jeunes garçons, notamment s’ils pratiquent une discipline où la
minceur et le contrôle du poids sont valorisés à l’excès (gymnastique, athlétisme, …)
• La présence de nourriture dans sa chambre.
• La disparition fréquente, et en grande quantité, de nourriture dans les placards, voire d’argent.
• Les signes de conduites purgatives : achat de laxatifs, sport à outrance, vomissements dans les toilettes …
• Des scarifications, des mutilations dans les situations les plus extrêmes.
• Sur les mains des jeunes filles, quelquefois on peut voir des durillons dus à la position des dents sur la main utilisée pour s’aider à vomir.

En famille, c’est un fonctionnement dans les extrêmes qui peut alerter :
• Elle veut tout de vous, mais peut vous rejeter violemment.
• Elle est en super forme, mais peut être en même temps complètement déprimée.
• Elle vous adore et vous déteste, à tour de rôle, voire en même temps.
• Elle peut briller en société, puis tout à coup se sentir la plus misérable du monde.


FNA-TCA, extrait du Livret d’accueil Familles version du 22 mars 2010

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