31 janvier 2013

"TOUCHE PAS A MON GROS"

« TOUCHE PAS A MON GROS »

Dans l’explication des troubles du comportement alimentaire, quel qu’il soit (Anorexie, Boulimie, Hyperphagie Boulimique) un facteur se détache et semble avoir un rôle prépondérant dans la genèse de ces troubles : c’est l’existence d’un surpoids dans l’enfance.

Lorsque l’on regarde de plus prés ce problème on retrouve deux explications qui justifient son importance.

La première des explications est que l’existence de ce surpoids va inciter l’entourage à proposer (voire imposer) la mise en place d’un régime alimentaire restrictif, et nous savons tous maintenant le rôle délétère que peuvent jouer les régimes dans la survenue des troubles alimentaires
.
La deuxième des explications, et non la moindre, est que l’existence de ce surpoids va exposer ce jeune enfant aux moqueries de ses congénères, moqueries qui vont venir ternir l’estime de soi.

Il me semble important que nous nous dressions face à ce racisme anti-gros, que nous dénoncions des que nous le pouvons la dictature de la minceur que l’on veut nous imposer.

Les enquêtes d’opinion réalisées (OCHA) montrent effectivement que le surpoids, que l’obésité, sont corrélés d’une façon très négative (faiblesse, manque de volonté) alors que la maigreur est revêtue des atouts inverses (force, volonté, maitrise de soi).

On oublie que le surpoids, outre le fait qu’il est le signe de l’inadaptation de l’homme moderne à la société de consommation, peut être, tout comme la maigreur génétique.

Mais on oublie surtout que ce surpoids entraine des souffrances, souffrance de ne pas se sentir dans la « norme » (alors que les chiffres montrent que le poids moyen de la population se rapproche inexorablement des chiffres du surpoids), à laquelle vient s’ajouter la souffrance d’être regardé différemment.

Nous sommes dans une terre de rugby, sport dans lequel le vocable « les gros » désigne d’une façon affectueuse, et souvent admirative, les avants, dont le travail obscur va permettre à l’équipe de gagner.

Et sur le terrain « les gros » vont se dresser face aux adversaires, pour protéger leurs coéquipiers, les plus maigres, leurs potes.

Rendons leur la pareille sur le terrain de la vie, touche pas à mon pote, touche pas à mon gros.

Claude Arnaud


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