14.02.2011

"TOUCHE PAS A MON GROS"

« TOUCHE PAS A MON GROS »

Dans l’explication des troubles du comportement alimentaire, quel qu’il soit (Anorexie, Boulimie, Hyperphagie Boulimique) un facteur se détache et semble avoir un rôle prépondérant dans la genèse de ces troubles : c’est l’existence d’un surpoids dans l’enfance.

Lorsque l’on regarde de plus prés ce problème on retrouve deux explications qui justifient son importance.

La première des explications est que l’existence de ce surpoids va inciter l’entourage à proposer (voire imposer) la mise en place d’un régime alimentaire restrictif, et nous savons tous maintenant le rôle délétère que peuvent jouer les régimes dans la survenue des troubles alimentaires
.
La deuxième des explications, et non la moindre, est que l’existence de ce surpoids va exposer ce jeune enfant aux moqueries de ses congénères, moqueries qui vont venir ternir l’estime de soi.

Il me semble important que nous nous dressions face à ce racisme anti-gros, que nous dénoncions des que nous le pouvons la dictature de la minceur que l’on veut nous imposer.

Les enquêtes d’opinion réalisées (OCHA) montrent effectivement que le surpoids, que l’obésité, sont corrélés d’une façon très négative (faiblesse, manque de volonté) alors que la maigreur est revêtue des atouts inverses (force, volonté, maitrise de soi).

On oublie que le surpoids, outre le fait qu’il est le signe de l’inadaptation de l’homme moderne à la société de consommation, peut être, tout comme la maigreur génétique.

Mais on oublie surtout que ce surpoids entraine des souffrances, souffrance de ne pas se sentir dans la « norme » (alors que les chiffres montrent que le poids moyen de la population se rapproche inexorablement des chiffres du surpoids), à laquelle vient s’ajouter la souffrance d’être regardé différemment.

Nous sommes dans une terre de rugby, sport dans lequel le vocable « les gros » désigne d’une façon affectueuse, et souvent admirative, les avants, dont le travail obscur va permettre à l’équipe de gagner.

Et sur le terrain « les gros » vont se dresser face aux adversaires, pour protéger leurs coéquipiers, les plus maigres, leurs potes.

Rendons leur la pareille sur le terrain de la vie, touche pas à mon pote, touche pas à mon gros.

Claude Arnaud


18.01.2011

NOS ACTIONS EN 2010

Nos actions en 2010

L’accueil téléphonique 24h sur 24, la permanence du samedi matin et le groupe de parole mensuel ont permis l’écoute et l’échange avec les patients et leurs proches et l’accompagnement vers les soins nécessaires.

ABAS est intervenu en milieu scolaire pour apporter l’information et la prévention aux lycées Bon secours, Arago, Picasso et Charles Blanc de Perpignan.

Le congrès a permis la formation de 35 étudiants en DU, l’information de 145 professionnels de santé et la sensibilisation d’un très nombreux public.

Un partenariat a été mis en place avec le CCAS de St Estève et deux conférences ont été organisées pour les jeunes du BIJ.

Pour l’aide aux soins et la création d’un réseau, Abas a reçu le soutien de la Fondation de France, de SOROPTIMIST, du Conseil Général et de la CAF. Le label REAAP de la parentalité lui a été confirmé.

Galaïs - L'appel de la vie

L'anorexie mentale, et si ça me concernait ?

L’anorexie mentale,
et si ça me concernait ?


> Je suis préoccupée par mon poids, mon alimentation et l’image de mon corps.
> Mais comment savoir si de telles préoccupations sont devenues excessives ?


Quelques questions à me poser


Voici une liste de questions qui peuvent m’en apprendre plus :
¤ M’arrive-t-il de me faire vomir parce que je me sens mal d’avoir trop mangé ?
¤ Avoir perdu le contrôle de ce que je mange m’inquiète-t-il ?
¤ Ai-je récemment perdu plus de 6 kg en 3 mois ?
¤ Les autres me trouvent-ils trop mince alors que je pense que je suis gros(se) ?
¤ Dirais-je que la nourriture domine ma vie ?

=} En cas de réponse positive à au moins 2 de ces questions, il est fortement possible que je
souffre d’un trouble du comportement alimentaire appelé « anorexie mentale » ou « anorexie
associée à des crises boulimiques » (si j’alterne des épisodes de restriction alimentaire avec des
pertes de contrôle débouchant sur des conduites de compensation : vomissements, sport à
outrance…).



Qu’appelle-t’on
« troubles du comportement alimentaire » ?


On appelle troubles du comportement alimentaire (TCA) les conduites alimentaires différentes de
celles habituellement adoptées par des individus placés dans un même environnement nutritionnel
et socioculturel, et induisant des troubles somatiques et psychologiques. Les troubles les plus
fréquents, en dehors du grignotage et de la suralimentation, sont l’anorexie et la boulimie. Ils
touchent dans 9 cas sur 10 des jeunes filles ou femmes, mais les garçons et les hommes peuvent
être concernés.

Ce qui peut résumer la conduite anorexique, c’est le fait de refuser l’alimentation, alors même que
l’on meurt de faim (anorexie mentale), et de refuser la prise de poids alors même que le corps est
amaigri (anorexie mentale et anorexie associée à des crises boulimiques). Pour éviter la prise de
poids, la personne anorexique peut avoir recours à une hyperactivité physique, et/ou à des
vomissements, et/ou à une utilisation de laxatifs à outrance et à un contrôle obsessionnel du poids.
Ces obsessions vont finir par gouverner toute sa vie, lier estime de soi et maîtrise du poids et
créer une dépendance au manque, au « rien ».

Les conséquences physiologiques (risques d’ostéoporose, risques cardiaques accrus, possibles
troubles de la fertilité, etc.), psychologiques (hyperémotivité, anxiété, aggravation du manque
d’estime de soi, risque de dépression, etc.) et sociales (isolement, repli sur soi) sont sérieuses.

=> C’est pourquoi il importe de ne pas rester seul(e) face à ces troubles, car ils se résorbent rarement d’eux-mêmes et peuvent réellement gâcher la vie.


Que repèrent les proches ?

Restrictions alimentaires

La jeune fille ou le jeune garçon diminue progressivement les quantités ingérées et sélectionne
les aliments dans son assiette. Cette personne élimine certaines catégories d’aliments, souvent
les plus caloriques (féculents, lipides). Elle soupire qu’elle n’a vraiment pas faim. Elle se plaint
d’être écoeurée par un aliment qu’elle consommait sans problème jusqu’à présent. Les repas
deviennent tendus.
Elle se plaint de douleurs diverses, mais surtout au niveau de l’abdomen. Elle multiplie sa
consommation de boissons chaudes, surtout le café et le thé, ou de boissons froides sans
calories (eau, soda light).
À table, quand elle n’a pas trouvé le moyen de la déserter, elle trie, coupe en petits morceaux,
classe par ordre de taille les aliments, cache et consomme le minimum.

Amaigrissement

La jeune fille ou le jeune garçon maigrit et soit le cache sous des vêtements amples, soit l’exhibe
avec fierté par des vêtements de taille de plus en plus petite. Quelquefois beaucoup et très vite.
Cet amaigrissement peut atteindre 20 à 30 % de son poids en quelques mois. Cette personne se
trouve « trop grosse » et s’en plaint, alors que c’est tout le contraire. Elle éprouve une peur intense
à l’idée de prendre du poids. Elle ne se voit, de toute façon, que « trop grosse », globalement ou
sur certaines parties de son corps. La rationalité n’a aucune prise sur elle. Il est tout à fait vain
d’essayer de la sermonner, d’essayer de lui faire entendre raison, ce qui est source de conflits. Ce
n’est, à ce stade, qu’une immense perte d’énergie pour les proches, et le sentiment absolu d’être
incomprise pour elle.

Aménorrhée
Les cycles de la jeune fille sont perturbés, elle n’a bientôt plus ses règles. L’aménorrhée est un
élément essentiel de la prise de conscience de la maladie. Cependant, les règles persistent sous
contraception oestro-progestative (pilule, patch ou anneau).

Signes complémentaires


* La personne se désintéresse petit à petit de toutes les activités qu’elle affectionnait avant. Elle se
referme sur elle-même, ne sort plus, et certaines s’enferment pour travailler, surinvestissent leurs
études, d’autres perdent le goût de tout.
* Progressivement, toute son activité psychique, intellectuelle, est absorbée par les pensées autour
du poids, de la minceur, l’invention de stratégies pour déjouer la faim et refuser l’alimentation, bien
qu’elle ne pense qu’aux aliments puisqu’elle meurt de faim (courses incessantes dans les commerces
d’alimentation). Parfois des rituels alimentaires, de rangement ou de lavage apparaissent.
* En famille, cette personne veut régenter tout ce qui concerne la nourriture, en faisant des listes de
courses, en cuisinant pour les autres, mais en ne s’alimentant pas.
* Elle pourra aussi se plaindre d’insomnies, de frilosité, de perdre ses cheveux… conséquences
directes de la dénutrition.
* Dans le cas d’anorexie associée à des crises boulimiques, les manifestations sont parfois plus
discrètes (perte de poids moins remarquable), et outre les signes cités ci-dessus les proches
seront alertés par :
* une préoccupation excessive par rapport au corps. Cela concerne souvent les filles mais peut
aussi se repérer chez des jeunes garçons, notamment s’ils pratiquent une discipline sportive
où la minceur et le contrôle du poids sont valorisés à l’excès (gymnastique, athlétisme…) ;
* les signes de conduites purgatives (achat de laxatifs, vomissements dans les toilettes ou sport
à outrance…) ;
* des signes indirects : une consommation alimentaire très importante et plus ou moins cachée
les placards se vident, les emballages vides restent dans les armoires.

Que puis-je faire ?

Je peux à un rythme qui me convient opter pour une ou plusieurs des
solutions suivantes :

=} Consulter un médecin généraliste, un pédiatre ou/et un médecin psychiatre avec qui
mettre en place une prise en charge adaptée pour aller mieux. Ce médecin pourra être le
médecin coordinateur des soins, en assumant la coordination de l’ensemble des intervenants
pour traiter à la fois les aspects psychologique, nutritionnel et somatique ;
consulter un(e) psychothérapeute pour mettre des mots sur mes souffrances, en
comprendre le sens, m’aider à vivre et dépasser mes angoisses, m’aider à modifier mes
comportements et à me sentir mieux ;

=} Faire appel à une association d’entraide, spécialisée dans les troubles des comportements
alimentaires. Les membres de ces associations ont souvent une grande expérience
de ces troubles. Certains en ont eux-mêmes souffert et en ont guéri ;
m’appuyer sur le soutien d’un(e) de mes proches qui peut m’aider à mieux prendre
conscience au quotidien de mes comportements et de mes troubles, me procurer un
support affectif dans les moments de doute et d’angoisse et m’accompagner par sa
présence réconfortante sur la voie de la guérison ;

=} L’hospitalisation est devenue rare, mais se justifie lorsque le pronostic vital du patient estengagé, que la situation n’a pas évolué suffisamment avec un traitement ambulatoire bien conduit(on dit qu’elle se chronicise et c’est très dangereux pour l’avenir) ou lorsque le patient et/ou lafamille sont épuisés et ont besoin de souffler un peu pour débloquer la situation.

L’association ABAS vous aider dans votre démarche de soins.

Puis-je en guérir ?

☺ Oui ! En sachant que

~ plus je consulte tôt, plus je peux éviter que l’anorexie s’installe, devienne chronique et que mon
organisme se fragilise ;

~ plus je consulte tôt, plus je peux réduire mes souffrances physiques et psychologiques, ainsi que
celles de mes proches.

~ Plus je consulte tôt, plus je peux guérir vite et me sentir bien dans mon corps
et dans ma tête !

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Dossier réalisé avec les partenariats de :

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LA BOULIMIE, UN MAL SOUVENT TRES DISCRET

La boulimie s ‘exprime souvent sur le même terreau que l’anorexie, bien qu’elle apparaisse
généralement plus tard que l'anorexie mentale, souvent à la suite d’un régime qui peut être compris a posteriori comme un épisode anorexique.

Elle touche des jeunes filles post pubères, anxieuses, perfectionnistes, souvent très insatisfaites d’elles-mêmes, et ayant des préoccupations excessives par rapport à leur idéal de minceur. La jeune fille boulimique met beaucoup d’énergie à cacher son trouble, et semble psychologiquement et socialement, plutôt bien adaptée. En réalité, elle doute souvent atrocement d’elle, craint le rejet et passe son temps à essayer de plaire aux autres. Bien souvent, l’entourage ne perçoit pas l’immense malaise et l’immense détresse, dans lesquelles ces personnes se trouvent.
Pour la personne boulimique, la nourriture est une véritable obsession. Elle va passer ses journées à se demander ce qu’elle va manger et quand, comment le cacher à son entourage et comment se débarrasser de ce qui a été absorbé.

La boulimie est caractérisée par la répétition de crises de gavage (entre 2 et quelques dizaines par semaine), assez classiques d'un boulimique à l'autre. Elles sont souvent déclenchées par une contrariété, une sensation de tension interne, de vide, qui crée de l’anxiété. La personne boulimique « sent monter la crise ». Elle lutte contre le passage à l’acte, ce qui augmente son anxiété.
Lorsqu’elle est seule, à l’abri de tout regard extérieur, elle cède avec l'impression de ne plus contrôler ses gestes, de devenir spectateur de ce corps qui ingurgite rapidement et brutalement des quantités très importantes de nourriture.
Elle consomme généralement ce qu'elle trouve, le plus souvent des aliments faciles d’accès, parfois non cuisinés, voire non consommables (comme des épluchures).
Le but est de se remplir et non de satisfaire un plaisir gustatif (contrairement à un épisode de fringale ou de compulsion alimentaire, dont le but est de satisfaire un goût salé ou sucré, suivi d'un sentiment d'apaisement et réconfortant).
Cela se passe le plus souvent en dehors des repas, à la fin de la journée. Après ce raz de marée, la personne se sent abattue, éprouve des remords. Un profond sentiment de dégoût d’elle-même apparaît. Dans la moitié des cas, elle se fait vomir, ce qui peut l'amener à une deuxième crise.
Il n’y a pas de lien entre la boulimie et l’obésité parce que bien souvent, hors des crises, les jeunes filles font tout pour ne pas prendre de poids (diètes draconiennes, hyperactivité physique, diurétiques, laxatifs, vomissements provoqués, ...)
Malheureusement, ces comportements compensatoires augmentent la fréquence d'apparition des crises boulimiques.

Que peuvent remarquer les parents ?

Le problème de la boulimie, c’est que contrairement à l’anorexie, elle se voit moins à l’oeil nu. La jeune fille, bien souvent conserve un poids normal. Elle passe pour une jeune fille sans problème. Or, le danger est bien là.

Les proches seront alertés par :
• Une préoccupation excessive par rapport au corps. Cela concerne souvent les filles mais peut aussi se repérer chez des jeunes garçons, notamment s’ils pratiquent une discipline où la
minceur et le contrôle du poids sont valorisés à l’excès (gymnastique, athlétisme, …)
• La présence de nourriture dans sa chambre.
• La disparition fréquente, et en grande quantité, de nourriture dans les placards, voire d’argent.
• Les signes de conduites purgatives : achat de laxatifs, sport à outrance, vomissements dans les toilettes …
• Des scarifications, des mutilations dans les situations les plus extrêmes.
• Sur les mains des jeunes filles, quelquefois on peut voir des durillons dus à la position des dents sur la main utilisée pour s’aider à vomir.

En famille, c’est un fonctionnement dans les extrêmes qui peut alerter :
• Elle veut tout de vous, mais peut vous rejeter violemment.
• Elle est en super forme, mais peut être en même temps complètement déprimée.
• Elle vous adore et vous déteste, à tour de rôle, voire en même temps.
• Elle peut briller en société, puis tout à coup se sentir la plus misérable du monde.


FNA-TCA, extrait du Livret d’accueil Familles version du 22 mars 2010